Maïmouna Kanté : « L’art de vivre africain ne sera valorisé que si nous le portons avec fierté »

La fondatrice de Maison Kanthé lance des sachets de thé biodégradables et compostables. Au bout du fil, sa voix est claire : elle refuse que l’élégance reste une exclusivité occidentale.

On entend d’abord sa voix. Posée. Chaleureuse. Puis, en arrière-plan, le léger bruit d’une théière que l’on pose. Maïmouna Kanté est chez elle, et elle vient de s’infuser un thé.
« Pour moi, le thé est un produit vivant, » dit-elle. « Le thé parle. “Les plantes parlent en fonction de comment tu les associes. » Maïmouna, qui crée elle-même les recettes de la marque, sait de quoi elle parle.

Cela fait cinq ans qu’elle a lancé Kanthé — un « H » ajouté à son nom de famille comme un acte de réappropriation identitaire. Cinq ans qu’elle travaille, pour que les terroirs africains ne soient plus invisibles. Cette année, elle célèbre l’anniversaire de la marque avec plusieurs choses :  le lancement de sachets biodégradables, un nouveau packaging bilingue, et une collection baptisée « Queen of Africa » — huit thés inspirés de huit figures féminines, provenant de huit régions du continent.

Mais avant tout cela, il y a eu une enfant en Guinée qui refusait qu’on lui dise où était sa place.

« Attention à elle, elle boit la première infusion de thé, celle qui est réservée aux hommes »

L’Ataya — la cérémonie du thé en Afrique de l’Ouest — comporte trois étapes. La première infusion est amère comme la mort. La deuxième est douce comme la vie. La troisième est sucrée comme l’amour. Les deux premières sont réservées aux hommes. La troisième aux femmes et aux enfants.

Petite, Maïmouna a rapidement préféré la première infusion.

« Je n’ai jamais aimé le sucre. La troisième infusion, c’était plus du sucre qu’autre chose. Quand tu goûtes la première, et que tu dépasses l’amertume, il y a un côté rétro-olfactif… Tu as plus d’informations en bouche et plus de textures. »

On disait à ses parents : « attention, il faut surveiller votre fille, elle boit la première infusion comme les garçons, c’est une mauvaise fille. »
A l’époque en Guinée, c’était mal vu.
Boire la première infusion équivalait à boire du café noir, ce qui était considéré comme un sacrilège pour une femme, pire encore pour une fillette de 8 ans.

Elle rit en racontant cette histoire. Mais on sent que cette transgression-là — ce refus d’être assignée à une place — a tout dessiné.

« J’ai toujours été un peu hors-cadre. J’aime faire les choses par moi-même et je n’aime pas qu’on m’impose une manière de faire. »

L’art de vivre africain ? « Il faut que nous en soyons fiers nous-mêmes »

Je lui pose la question qui brûle : pourquoi associe-t-on si facilement l’art de vivre à des pays comme la France, le Japon ou l’Angleterre — mais jamais à l’Afrique ?

La réponse tombe, sans détour.

« Parce que les gens ont peur de l’inconnu. Mais j’estime que les africains ont leur rôle à jouer. Il faut déjà que nous soyons nous-mêmes fiers de nos traditions.

« La cérémonie de thé japonaise n’a été connue que parce que les Japonais en sont fiers et en font un art de vivre. L’Ataya ou tout autre chose en Afrique ne peut être mise en avant que par les Africains. 

Être fière de convier quelqu’un à venir partager un Ataya avec toi à la maison, c’est une personne que tu invites à reproduire cela chez elle. »

Elle poursuit, la voix plus ferme :

« On me dit souvent : ‘Maïmouna, tes produits sont trop épurés, trop européanisés.’ Comme si l’Afrique devait se résumer au folklore, à la couleur superflue, au wax. Non.
On a des produits nobles. Notre art de vivre, notre gastronomie, nos plantes, ne seront valorisés que si nous décidons nous-mêmes de les porter avec fierté. »

Elle termine en disant : « Moi, j’ai des Japonais qui viennent assister aux ateliers Ataya que j’organise. Et ben, si je ne le fais pas, ce n’est pas un Japonais qui va décider un jour d’aller animer une cérémonie Ataya. »

Le pivot : quand on cherche ailleurs ce qui est déjà là

En 2016, Maïmouna lance sa première marque de thé avec des produits d’Asie.
Pourquoi ce détour avant de revenir à l’Afrique ?

Sa voix se fait plus douce. Plus vulnérable.

« Parce qu’inconsciemment, j’étais dans une phase où je n’étais pas forcément en connexion avec moi-même. Je ne me rendais pas compte que mon africanité était ma valeur et qu’elle faisait partie de ma singularité.”

Quand elle organise des ateliers sur les accords thés et mets, les remarques fusent : « Mais pourquoi une Africaine parle des thés d’Asie ? »

« Ça me vexait. Mais pourquoi pas ? Est-ce que les grandes maisons de thé en France sont tenues par des Asiatiques ? Non. Et alors, pourquoi pas moi ? »

Mais la vie la ramène à elle-même. Son parcours personnel. La maternité. Les questions sur ce qu’elle veut transmettre à son enfant métisse.

« À un moment donné, il était temps pour moi de faire un peu plus connaissance avec moi-même, d’être fière de qui je suis, de régler certaines choses personnelles et d’arrêter de chercher à être validée. De toute façon, je suis africaine. Que je le veuille ou pas, on va me le rappeler.”

“Ce que tu as à donner, c’est qui tu es. Tu ne peux pas offrir quelque chose d’authentique si tu ne l’es pas toi-même. »

En 2017, elle découvre que l’Afrique est le troisième producteur mondial de thé. Elle reçoit ses premiers échantillons du Rwanda. Des thés aiguilles d’argent et des thés blancs exceptionnels. Elle se dit : « Ok, je vais vendre du thé d’Afrique désormais. Parce que je sais maintenant que dans certains pays en Afrique, on fait de l’excellent thé.
Je ne voulais pas seulement du thé, je voulais du thé d’exception, sourcé, travaillé de façon exigeante et orthodoxe. »

En 2020, elle relance donc son business sous un nouveau nom : Kanthé.

“Là aussi, il s’est posé beaucoup de questions. ‘Mais, les gens ne sont pas prêts. C’est ton nom de famille, il faut l’appeler Afritea, il faut l’appeler ci ou ça, mais pas Kanthé.’ J’ai dit : bah écoute, ça sera Kanthé. Point barre. »

« Avec ce nom, je me dois la rigueur. Je me dois le respect. Parce que c’est mon nom de famille. C’est le nom de famille de beaucoup d’autres Africains dans le monde. Donc, par respect pour ce nom et pour tous ceux qui s’appellent Kanté comme moi, je me dois d’être rigoureuse, honnête et de valoriser mon nom et mon continent à travers ce que je vais faire. »

5 ans pour bâtir une légitimité — et s’ouvrir au monde

Aujourd’hui, Kanthé est présente aux Galeries Lafayette, au BHV, au Musée du quai Branly, dans des concepts stores parisiens.

Comment a-t-elle convaincu ces lieux exigeants, pas toujours ouverts à la diversité ?

« La persévérance. Mais aussi la rigueur dans le travail. C’est des gens qui observent beaucoup et qui ont souvent des doutes et des préjugés. Heureusement, j’ai eu en face de moi aussi des personnes qui ne se sont pas limitées à ça. »

Elle raconte : les acheteurs des Galeries Lafayette sont passés de nombreuses fois sur mes stands dans les salons. « Votre stand est encore plus beau cette fois. On vous suit. »

« Ce qu’ils recherchent, c’est de la constance. Il y en a beaucoup qui commencent et qui ne continuent pas. »

Et puis, elle dit cette phrase magnifique :

« L’entrepreneuriat, c’est quelque chose qu’on doit porter comme une grossesse. Je le relie à la maternité. Tu as beau couver, à un moment donné, il faut donner naissance. Et quand tu donnes naissance, l’enfant ne court pas au bout de trois mois. Au bout de trois ans, il va à la maternelle, mais tu ne peux pas encore le laisser aller seul à l’école. Il faut du temps pour l’accompagner, pour grandir avec. On s’améliore avec son entreprise. On grandit avec. »

Et qu’est-ce que ça change d’être dans ces espaces plutôt que juste en ligne ? Au delà de lui apporter plus de crédibilité, Maïmouna explique autre chose : 

« Ça m’ouvre au monde et ça positionne le produit sur le monde. »

Sa clientèle ? Au début, 90% européenne. Aujourd’hui : 45% afro-descendante, 55% européenne en ligne.
Mais aux Galeries Lafayette et au BHV, 70% des ventes se font auprès d’étrangers — Asiatiques, Émiratis, Anglais, Américains.

« C’est ce qui m’a amenée à réaliser qu’il était temps de passer à des packagings bilingues. Parce que j’ai compris que la clientèle n’est pas que francophone. Elle est internationale. »

Queen of Africa : célébrer la femme qu’elle est, région par région

  1. L’année de la Renaissance, dit Maïmouna.

« C’est l’année où je me suis dit : cinq années sont passées, il faut les considérer, il faut en tirer des leçons pour avancer. »

Et pour ça, elle cherchait des modèles. Des femmes à qui s’identifier.


« Je voulais  créer une collection Queen of Africa. Pour célébrer la femme que je suis, mais aussi toutes celles qui m’entourent : célébrer les femmes du continent africain. »

Elle fait une présélection de figures de reines qui lui parlent. Par leurs caractères. Par leurs combats. Par ce qu’elles ont vécu et transmis. 

Queen Yenenga — Burkina Faso — une femme forte qui a guidé tout un peuple, une guerrière d’Afrique de l’Ouest. Maïmouna l’associe à la tisane bulukutu, très consommée  en Afrique centrale et de l’Ouest. Elle y ajoute de la citronnelle qui amène sagesse et bien-être, du gingembre, du poivre de Guinée pour le côté piquant.

Queen Sayyida — Maroc — avec les feuilles de séné, la rose qui apaise, la camomille qu’elle source d’ailleurs au Maroc.

Queen Pokou — Côte d’Ivoire — avec l’écorce de cacao qu’elle va chercher là-bas, associée à d’autres ingrédients.

« J’ai toujours travaillé de la même façon, avec des ingrédients qui évoquent quelquefois aussi leurs zones géographiques. »

Et si sa grand-mère devait goûter un de ces thés aujourd’hui ?
« Elle dira bravo, c’est sûr.
« Si je dois lui faire goûter une de mes nouveautés en premier, je lui ferai goûter la Queen Yennenga. Parce que quand je l’ai créé, c’était vraiment un hommage à ma grand-mère, qui aimait mettre le poivre de Guinée dans tout ce qu’elle cuisinait.
Quand je goûte ce poivre de Guinée, je pense directement à ma grand-mère. »

Le sachet biodégradable et compostable : répondre à un vrai besoin

Pendant cinq ans, Maïmouna a vendu du thé en vrac. Uniquement.

Ses clients lui réclamaient des sachets depuis longtemps. Les hôtels aussi. Les professionnels. « On aime vos thés, mais ce n’est pas pratique”. “J’aime le thé Kanthé mais je peux pas les amener au bureau, ça me manque. »

Le vrac, c’était compliqué à transporter. Pas adapté aux voyages, aux valises, au bureau.

Pourquoi avoir attendu cinq ans ?

« Ça a pris du temps parce que déjà, l’entreprise qui est autofinancée… De plus, je voulais vraiment avoir une mainmise sur la production, c’est-à-dire m’équiper moi-même pour le faire. « 

« Je voulais que cette nouvelle gamme, ce soit du thé en vrac, mis en sachet. Les thés en poudre bas de gamme qu’on retrouve dans les sachets, c’est pas ce que je voulais. Je suis amatrice de thé d’exception, et j’aime ce côté ‘feuilles’ qui s’exprime. En allant vite, j’aurais fait des produits bas de gamme. »

« Mes premiers packagings étaient éco-conçus avec des papiers recyclés, des papiers qui sont biodégradables. Les boîtes étaient rechargeables. On proposait des formats éco-recharge. « 

Le sur-emballage ? Pas de plastique. De la cellulose de bois. « Ils sont sur-emballés avec des celluloses de bois qui ressemblent à du plastique mais ça n’en est pas.

Mais trouver le bon fournisseur, le bon matériau, ça a pris du temps.

« J’ai cherché pendant 3 ans. Toutes les machines ne font pas du biodégradable. Les fournisseurs te demandent une quantité énorme dès la première lancée. Une trésorerie conséquente. Un lieu de stockage réel. »

Elle a tourné, cherché. Et finalement, début 2025, les choses se sont alignées.

« Je crois beaucoup à l’univers. L’homme propose, Dieu dispose et la nature s’impose” 

Aujourd’hui, cette gamme en sachet, c’est une vision.

J’imagine aujourd’hui que quelqu’un ait la possibilité de boire du Kanthé dans Air France en allant en Afrique. Dans des compagnies aériennes africaines. Avoir ce thé dans les hôtels, les lieux d’hospitalité, etc.
Il n’y a plus d’excuses. Le thé africain, il est là. Il est bon. Maintenant, il est aussi facile à consommer. »

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Le crowdfunding : un appel sincère au soutien

Pour financer ces sachets et cette nouvelle gamme de produits, Maïmouna a lancé une campagne de crowdfunding sur Ulule. 

« Le travail a commencé de mon côté, mais j’ai besoin du soutien et de la participation de ma communauté et de tous ceux qui font confiance à la marque Kanthé. Cela permettra d’avoir une enveloppe un peu plus conséquente pour lancer la fabrication de cette gamme sans opter pour le prêt bancaire ou ou donner un pourcentage à un investisseur. »

La campagne est toujours en cours, jusqu’au 24 Octobre.

Autofinancer pour garder la maîtrise

« Pour moi, l’autofinancement, c’était finalement une obligation. Au départ, j’avais un peu de fonds. Après, j’ai voulu rapidement être à 100% sur Kanthé. Quand le développement commence, tu veux faire des prêts bancaires. On te demande un CDI que tu n’as pas.”

Les banques : « Madame Kanté, ça serait bien que vous ayez un CDI. »

Et les investisseurs ? Quelques rencontres. Aucune ne lui a plu.

« Il ya en a un qui m’a dit : ‘Bon, je veux mettre un million, mais par contre, je prends au moins 80%.’ C’était trop gourmand. Ça veut dire qu’il me demande d’être la spectatrice de mon bébé. C’est pas possible. »

Elle accepte qu’il n’y aura pas d’affiches de Kanthé dans les métros parisiens dans les mois à venir. « C’est pas grave, j’avancerais lentement mais sûrement”.

Travailler sans intermédiaire : « Je veux savoir qui est derrière »

Maïmouna paie ses producteurs directement. Pas d’intermédiaire.

 » C’est quelque chose que j’ai voulu depuis le départ. Aujourd’hui, par exemple, au Cameroun, il y a des plantations de thé. Mais comme je n’ai pas encore eu la possibilité d’avoir un accès direct, je ne les vends pas. 

« Les intermédiaires m’empêchent d’avoir la vraie histoire et de savoir avec qui je travaille. Et ça ne me rassure pas sur la traçabilité et la qualité. »

Au Rwanda, au Malawi, elle travaille avec des plantations qui ont un impact énorme sur la communauté. Crèches pour les femmes. Bourses d’études. Hôpitaux. Eau potable.
Elle travaille avec des coopératives de femmes : elles récoltent toutes ensemble la citronnelle ou l’hibiscus, et elles le vendent ensemble. L’argent qui rentre, c’est pour elles uniquement.

« Ce sont des choses qui me touchent.” 

Le prix à payer : « J’ai travaillé jusqu’à en trembler »

Les doutes ?

« Ouh, ça, c’est pratiquement tous les mois. » Elle en rit.

« Les doutes, il y en a eu beaucoup. Sur moi. Sur ma capacité à réaliser. Mais ce qui n’a pas changé depuis le début, c’est que je n’ai jamais eu envie d’arrêter !

Et les sacrifices ?

« Il y a des moments où j’ai travaillé jusqu’à en trembler, tellement j’étais fatiguée. On dit souvent autour de moi que je ne sais pas m’amuser parce que je ne pense qu’à mon travail. « 

C’est difficile pour la famille aussi. Pour ses enfants. Son mari.

« Des fois, je m’en veux de ne pas passer beaucoup de temps avec mon mari et mes enfants. Mais j’essaie autant que je peux de passer des moments de qualité avec eux.
Parfois je demande à Dieu de me protéger et de protéger mon âme.” 

La spiritualité : son ancrage essentiel

Et c’est là qu’elle me parle de ce qui la tient. Ce qui l’ancre. Ce qui lui permet de continuer.

« La spiritualité est très importante pour moi. J’aime beaucoup le rapport à l’eau, qui est là pour purifier et éliminer. »

Elle prend même des bains rituels. Avec intention.

« Quand je suis fatiguée, ou quand je fais des blocages énergétiques, je me fais des bains de kinkéliba. Quand je suis un peu raplapla, quand je vois tout le monde tomber malade à côté de moi, je sors une grande marmite : kinkéliba, citronnelle, romarin. Je fais ma décoction, et je prends mon bain avec ça. »

Elle tient d’ailleurs un cahier de gratitude. Tous les matins. Tous les soirs.

« J’écris ce pourquoi je suis reconnaissante. Les choses que j’ai réalisées, aussi minimes soient-elles. « 

En 2026, un nouveau projet verra le jour : des rituels avec du thé.

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Ce qu’elle veut dans 5 ans

Faire connaître les thés d’Afrique dans le monde entier. 

Je sais pas combien de temps ça va prendre, mais j’aimerais que dans cinq ans, quand tu demandes à quelqu’un dans la rue de citer trois maisons de thé, Kanthé soit dans les trois premières. Je veux que les gens sachent qu’il existe un art de vivre africain. Que cet art de vivre mérite d’être célébré. Transmis. Honoré. Et que Kanthé a contribué à ça. »

On termine l’appel. Au bout du fil, j’entends encore le léger bruit d’une tasse que l’on repose. Maïmouna vient de finir son thé.

« Le thé, c’est un trait d’union. C’est un moment où on profite de l’instant présent. »

Il y a dans sa voix beaucoup de détermination. Une femme qui a refusé qu’on lui dise où était sa place. Une femme qui porte,qui doute souvent — mais qui ne lâche rien.
Parce qu’elle sait que ce qu’elle construit dépasse largement une marque de thé.

C’est un acte de mémoire, de transmission, et de fierté.

Et ça, ça n’a pas de prix.


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