À L’Africaine à Fontenay-sous-Bois : un restaurant de quartier qui a tout compris

Le problème avec les restaurants de cuisines africaines en France ? Soit c’est un boui-boui où l’on mange divinement bien, mais sur une table bancale. Soit c’est un cadre plus soigné, mais avec une cuisine fade.

Pourquoi faut-il toujours choisir entre le goût du pays et un cadre agréable ?

Cette semaine, la rédaction est tombée sur une exception. Un restaurant de quartier qui a compris l’essentiel : l’authenticité n’a pas besoin d’être bordélique pour être vraie.

Ce n’est pas à Paris. Et tant mieux, il n’y a pas que Paris dans la vie.

Un cadre pensé jusqu’au détail olfactif

Dès l’entrée, un détail saisit : un parfum d’ambiance doux et enveloppant. Rien d’ostentatoire, mais inattendu pour ce type d’adresse. Ils pensent déjà signature olfactive, et c’est très malin.

La cuisine est traditionnelle, boui-boui dans l’esprit. Mais le cadre est soigné. Et c’est exactement ça qu’on veut. Ce n’est pas parce que c’est africain qu’on doit manger sur des bancs, dans des assiettes approximatives. Ici, on dresse, on rend les choses jolies, et ça reste profondément authentique.

Ce qu’on a testé dans l’assiette

Les boissons convainquent immédiatement. Le tamarin-bissap blanc est acidulé juste ce qu’il faut. Le jus de baobab vanillé est délicieux, un peu trop sucré pour certains palais, mais parfait dilué à l’eau. La maison va chercher des saveurs moins connues, sans les caricaturer.

Les samoussas au bœuf sont réconfortants. Cette odeur de pâte bien cuite, presque beignet, est envoûtante. La viande est dense en épices, pas en piment. Leur piment, lui, est doux et très parfumé. La sauce tomate qui accompagne ? Absolument remarquable, elle équilibre tout. C’est d’ailleurs le coup de cœur des clients sur place.

Puis il y a cette fameuse sauce verte secrète, celle qu’ils posent sur tout ce qui est braisé. Sur les ailes de poulet, elle fait le plat. Sur le poisson, l’effet est plus discret, trop discret pour être honnête. Heureusement, les crudités acidulées-salées servies à côté viennent réveiller l’ensemble.

Le poisson braisé reste correct, même si on a goûté mieux. Les ailes de poulet, en revanche, sont délicieuses.

Tout est fait minute. On attend un peu, mais pas trop, et cette attente a du sens.

Une histoire de famille ivoirienne

Derrière ce restaurant, il y a avant tout une histoire de famille. Une famille ivoirienne. Le mari est cuisinier. Mabou, l’épouse, est en salle, chaleureuse, attentive, profondément empathique. La maman de Mabou cuisine les sauces avec d’autres mamas, dans une cuisine centrale. Les viandes et le poisson à la braise se font au restaurant, avec deux chefs. Même le petit cousin est au service.

« On avance ensemble, on travaille en famille et on fait travailler les gens. »

Après un incendie, six mois de fermeture et la fin d’une franchise, Mabou quitte son travail dans le social pour recommencer à zéro avec son mari. Ils font le choix d’ouvrir une adresse, comme elle le dit, « qui nous ressemble ».

Le sourcing : la Côte d’Ivoire jusqu’à l’assiette

Ils sourcent une grande partie de leurs produits en Côte d’Ivoire : placali, attiéké, épices, poudre de crevettes. Ils ont même monté une structure agroalimentaire sur place pour être autonomes et maîtriser leur sourcing. C’est la belle-famille de Mabou qui produit le placali sur place, livré en France 24h après.

« On ne fait pas un truc de ouf. Ce n’est pas de la haute gastronomie. Mais quand tu manges, tu sais que tu manges de bons produits. »

Pas de haute gastronomie, non. Juste de la vraie cuisine, de vrais produits, une vraie famille qui fait les choses bien. C’est exactement ça qu’on veut voir plus souvent : la fierté sans l’esbroufe, le soin sans le snobisme.

À L’Africaine a tout compris.


LA NOTE

Ce qu’on a pris : tamarin-bissap blanc, jus de baobab vanillé, samoussas au bœuf, ailes de poulet, poisson braisé, sauce verte secrète, accompagnée de bananes plantains et frites

On y va avec :

  • La pote parisienne qui pense qu’il n’y a rien de bien à manger hors du périph. Le genre de démonstration qui referme le débat en une bouchée de samoussa.
  • Le collègue jamais convaincu par la cuisine africaine. Cadre soigné, dressage propre, sauce tomate qui met tout le monde d’accord dès la première fourchette
  • La tata la plus difficile sur l’authenticité. Attiéké produit par la belle-famille en Côte d’Ivoire, livré 24h après. Elle ne trouvera rien à redire.

À L’Africaine
219 avenue de la République, 94120 Fontenay-sous-Bois

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