Adouna à Asnières : l’adresse qui finit par tenir ses promesses

Je vais être honnête : la première fois que j’ai mangé chez Adouna, j’ai failli ne jamais en reparler. C’était il y’a un an pile, le restaurant venait à peine d’ouvrir.

Le lieu était (est toujours d’ailleurs) somptueux, une superbe bibliothèque au fond, un papier peint qui représente  les différentes variétés d’arbres d’Afrique et d’Asie au plafond, des baies vitrées à faire pâlir n’importe quel décorateur d’hôtel. On rentre chez Adouna, et on a l’impression de rendre visite à une copine directrice hôtelière qui vit entre Dakar et Accra.

Et puis l’assiette est arrivée …

Un poisson annoncé braisé, mais cuit au four. Impardonnable,  pour une adresse qui joue dans cette catégorie. Le dibi était filandreux. Ma déception ce jour-là était à la hauteur du soin mis dans le décor, c’est-à-dire immense.

J’avais fait mon retour directement à Fatou Rolland, la propriétaire, qui l’avait pris avec beaucoup d’attention. 

Je me suis dit : le lieu vient d’ouvrir, laissons-lui le temps de se roder, je reviendrai.

Je suis donc revenue un an plus tard tenir ma promesse.

Cette fois j’ai eu l’opportunité de rencontrer Fatou en personne. 

Elle vient de l’hôtellerie, est passée par LVMH. On comprend mieux ce raffinement dans le lieu.
Nos échanges ont confirmé mon intuition : l’ouverture avait été plus dense qu’ils ne l’avaient anticipé, l’affluence a vite dépassé le chef, les fiches techniques en ont pâti. J’avais donc raison de ne pas mettre une croix sur l’adresse sur la base de ce premier soir.

Elle m’a aussi appris le vrai sujet de fond du secteur : trouver un chef qui maîtrise à la fois les cuisines africaines traditionnelles et les fondamentaux de la restauration (quantités, gestion de stock, dressage, rigueur) relève du casse-tête.  Souvent ils cochent l’une des cases, mais rarement les deux. 

Depuis, il y’a une nouvelle cheffe aux commandes, et je l’ai senti dans l’assiette…

Le poisson braisé n’était plus au menu, car victime de son succès, ce qui en dit déjà long. 

Je me suis rabattue sur le duo poulet braisé et dibi d’agneau, presque ce que j’avais commandé la première fois, pour comparer.

Rien à voir !

La cuisson du poulet était parfaite. Les épices dosées comme un braisé digne de ce nom. Il est servi en demi-poulet, (c’est copieux, il faut venir le ventre vide) avec une grosse portion d’oignons rouges marinés dans une sauce maison. Les oignons rouges crus, ça passe ou ça casse. Moi j’adore. 

Plantains et attiéké les classiques, en accompagnement. 

Pour le dibi, je vous répète ce que j’ai dit à Fatou « Ça, c’est un vrai dibi. » L’agneau était tendre, bien cuit, assaisonné à la perfection. 

C’est tout ce qu’on demande en fait : une cuisine traditionnelle simple mais juste, dans un cadre de qualité.

Côté service, Adouna forme des jeunes à l’art de recevoir.

On a été servies par Yasmine, dont la fraîcheur et l’humour m’ont presque fait oublier ma frustration de ne pas avoir eu mon poisson pour le comparatif.

La carte de Adouna est Afrique/Asie, mais clairement j’irai chez Adouna pour le versant africain.
Et le choix d’Asnières est intelligent : une grosse partie de l’offre de restauration culinaire africaine est concentrée à Paris intra-muros, alors qu’une bonne partie de cette clientèle vit en banlieue plus ou moins proche. On compte sur les doigts d’une main les adresses qui tiennent ensemble cadre haut de gamme et cuisines traditionnelles africaines en Île-de-France. 

 A quelques stations de là, du côté de Fontenay-sous-Bois, un restaurant de quartier ivoirien résout la même tension cadre de qualité vs cuisine traditionnelle de qualité

Adouna clairement à date, et pour l’instant, est dans le haut du panier. 

Je peux donc désormais le dire : Adouna est une adresse à

et à fréquenter.

La note
Pour un poulet braisé, un dibi d’agneau, accompagnés de bananes plantains supplement bol d’attiéké + un verre de vin, un mocktail maison, une eau pétillante : comptez 80€.

On y va avec

  • La copine perdue de vue depuis trop longtemps. Pas un déjeuner rapide, une vraie tablée à rallonge : Adouna a le décor pour faire durer les retrouvailles.
  • Le collègue qui n’a jamais mis les pieds dans un resto africain. Menu simple, plats identifiables, cadre qui rassure avant même la première bouchée. Idéal pour une première fois réussie.
  • L’amoureux qui a du goût. Celui qui remarque le papier peint avant la carte, et qui comprendra pourquoi revenir ici plutôt qu’ailleurs.

L’adresse 

Adouna Restaurant 

14 Bis Avenue de la Paix

92600 Asnières-sur-Seine

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